Durabilité ? PAO ? Les obligations d’étiquetage

La stabilité d’une formulation cosmétique peut-être perturbée au cours de la fabrication du produit fini ou de son utilisation par le consommateur. On observe alors des modifications des caractéristiques organoleptiques (odeur, couleur…), des modifications physico-chimiques (déphasage, variation du pH, variation de la viscosité…), des développements  microbiens (bactérie, champignon, levure). Afin d’assurer la sécurité du produit fini (PF) pour le consommateur, et le maintien de l’efficacité de la formule, il est nécessaire de déterminer une date limite d’utilisation, et de la communiquer au consommateur. Le fabricant devra analyser les risques de dégradations chimiques (liées, par exemple, à des conditions ambiantes défavorables ou un impact négatif du contenant), et les risques microbiologiques en prenant en compte certaines caractéristiques de la formule comme des matières premières sensibles ou résistantes à la contamination, l’eau libre disponible favorisant la croissance bactérienne, le pH, le type de conditionnement… En première étape, la recherche de l’analyse de risque microbiologique se fera selon la norme ISO 29621 (Lignes directrices pour l’appréciation du risque et l’identification de produits à faible risque microbiologique). Ensuite et si besoin, des tests de stabilité de tous les paramètres seront effectués; vieillissement de la formule en accéléré ou en temps réel, avec recherche de pathogènes… A ne pas confondre avec le challenge test (ISO 11930 ou autre méthode) qui mesure l’efficacité du système de  conservation. Pour juguler au mieux les risques, on travaille selon plusieurs guidelines (Cosmetics Europe, SCCS..), normes ou autres lignes directrices selon la formule du PF. Les protocoles et les conclusions justifiant la détermination de la date limite d’utilisation doivent être versés au dossier DIP. Si le PF a fait la preuve de sa stabilité physico-chimique et microbio  pour une durabilité minimale  > 30 mois, on indiquera la date d’utilisation maximale après ouverture (PAO) pendant laquelle le PF est considéré comme encore sûr. Sinon, on déterminera la Durabilité minimum avant Ouverture . Voici les obligations à indiquer sur le récipient et l’emballage : durabilite_min_utilisation Il existe plusieurs méthodes de détermination de la PAO (théorique et pratique). En général, le calcul théorique de la PAO va dépendre de : • la résistance intrinsèque de la formulation à une contamination microbienne, • l’interface produit/environnement lié à l’utilisation (type de conditionnement), • la durée d’utilisation prévisible (adéquation du rapport Volume/Dose/fréquence), • la zone d’application, • la population cible.  (données ANSM) La règlementation 1223/2009 précise « L’indication de la date de durabilité minimale n’est pas obligatoire pour les produits cosmétiques dont la durabilité minimale excède trente mois », la mention obligatoire sera alors la PAO. Certaines marques décident d’indiquer à la fois la PAO et la mention « à utiliser de préférence avant fin ». Cela peut être une mesure de précaution pour des produits sensibles.

5 réflexions au sujet de « Durabilité ? PAO ? Les obligations d’étiquetage »

    1. Bonjour,
      nous vous recommandons de stocker, dans des conditions normales de conservation, des produits finis pendant toute leur durée de vie et de vérifier, à l’issue de ce stockage, leur conformité aux critères libératoires (c’est à vous de déterminer ces critères).
      Laurent

  1. Bonjour,

    Comme la question de Mr Dubois, concernant les savons SAF, pouvez vous me confirmer que le test de stabilité débute après le temps de cure ?
    Je pensais qu’il était nécessaire d’effectuer des tests de stabilité dans des conditions normales et en malmenant un peu le savon:
    _ Températures très basses (par exemple si le savon était mené à être en soute d’avion)
    _ Taux d’humidité très élevé puis très faible (pour reproduire des conditions de douche) etc

    Vous écrivez « dans des conditions normales », est ce que vous voulez dire que ce n’est pas nécessaire de maltraiter nos savons SAF pour les tests de stabilité ?

    Pour ce qui est de la durée du test, pour valider une PAO de 18 mois par exemple, il faudrait conserver 18mois le savon en test de stabilité ? (j’espère que non…), si c’est le cas, est il accepté par l’évaluateur de diminuer la durée du test de stabilité grâce à une étuve, un incubateur ?

    Si je souhaite vendre un savon de 100g, puis je faire le test de stabilité sur des savons de poids différents, par exemple un savon de 70 g ?

    Merci d’avance pour votre réponse

    Cordialement

    Maude

    1. Bonjour,
      Cet article décrit de façon générale les questions de stabilité des produits cosmétiques et en particulier la différence entre la stabilité avant et après ouverture.
      Les études de stabilité doivent être adaptées à chaque produit et doivent effectivement tenir compte des conditions auxquelles vont être soumis les produits.
      Les laboratoires proposent différents environnements pour la stabilité.
      Pour la PAO, il existe des modèles théoriques. Il va être effectivement difficile de faire un test de 18 mois en condition d’utilisation réelle.
      Dans le cas des savons, le poids ne va pas changer le résultat du test de stabilité.
      Laurent

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